Marseille brille face à l'Ajax avec une rotation audacieuse

Marseille brille face à l'Ajax avec une rotation audacieuse

La rotation massive opérée par Roberto De Zerbi lors du match contre l’Ajax n’a pas empêché l’OM de démontrer sa supériorité collective en s’imposant brillamment 4-0 mardi. Ce match a également mis en lumière la tendance de l'entraîneur marseillais à impliquer un maximum de joueurs de son effectif en équilibrant les temps de jeu, même si cela implique des risques qui commencent à porter leurs fruits.

La question de la stratégie de De Zerbi peut parfois sembler légitime, notamment lors de l’annonce des compositions d’équipe. Pour ce rendez-vous crucial en Ligue des champions contre l’Ajax, il a effectué pas moins de sept changements par rapport au onze aligné le week-end précédent face à Strasbourg. Cela incluait un milieu de terrain sans son élément clé, Pierre-Emile Höjbjerg, et des joueurs encore en phase d’intégration comme Arthur Vermeeren et Bilal Nadir, tandis que le critiqué Igor Paixao a été reconduit. L’Italien n’hésite pas à prendre des risques.

Ces choix audacieux se sont avérés payants. L’OM a offert une performance collective remarquable, l'une des plus abouties depuis l'arrivée de De Zerbi à l'été 2024. Paixao, le transfert le plus coûteux de l’histoire du club, a marqué deux fois et délivré une passe décisive. Vermeeren a dominé l’entrejeu, Nadir a également trouvé le chemin des filets, et surtout, Marseille n’a jamais semblé souffrir de l’absence de ses joueurs cadres.

28 joueurs déjà utilisés

Ce n’était pas une évidence, même pour De Zerbi lui-même, qui a reconnu après le match que la situation était délicate. Ce n'est pas qu'un simple discours. L'entraîneur transalpin a utilisé 28 joueurs depuis le début de la saison, un chiffre supérieur à celui de tout autre entraîneur de Ligue 1, même si trois d'entre eux ont quitté le club à la fin du mercato (Adrien Rabiot, Jonathan Rowe et Derek Cornelius). Néanmoins, depuis la dernière trêve internationale, De Zerbi n’a jamais aligné le même onze, effectuant toujours au moins trois changements d’un match à l’autre, et jusqu'à sept entre la victoire contre Strasbourg et celle face à l’Ajax.

L’adaptation rapide, le doute de certains

Cette prise de risque est évidente et nécessaire. Marseille a enregistré l’arrivée de 12 nouveaux joueurs l’été dernier, et le club n’est pas forcément le meilleur endroit pour permettre à ces recrues de s’adapter. De Zerbi n’a pas d’autre choix que de les intégrer rapidement afin de maximiser leur rendement. Cela implique de leur donner du temps de jeu, même si cela expose l’équipe à des performances parfois aléatoires, un aspect essentiel du processus. Paixao en est un exemple frappant.

La réussite du Brésilien contre l’Ajax, bien qu’elle nécessite confirmation, montre que De Zerbi fait preuve de bon sens dans la gestion de son effectif. Medhi Benatia, le directeur du football à l’OM, s’est réjoui après la victoire contre l’Ajax, soulignant l’efficacité de cette approche.

Le même dilemme que Luis Enrique

C’est sans doute la plus grande préoccupation. Si les joueurs peuvent progresser individuellement grâce à un temps de jeu accru, il est crucial pour l’OM de maintenir son niveau de compétitivité en alignant des joueurs différents. La victoire contre l’Ajax a mis en avant des individualités, mais surtout une qualité collective, même si l’opposition n’était pas des plus redoutables. C'est un signe prometteur pour De Zerbi.

Cependant, l’Italien se retrouve face à un dilemme. Les avantages de sa rotation d’effectif, avec une concurrence accrue, compliqueront toujours ses choix au moment de composer son équipe de départ. C’est le genre de dilemme que Luis Enrique pourrait lui évoquer. L’entraîneur parisien a bâti sa réussite avec le PSG sur le même principe, en pratiquant un turnover qui a permis de développer la polyvalence de ses joueurs sans nuire à la cohésion de l’équipe. Un véritable problème de luxe, dont les entraîneurs rêvent.

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