Mons Bassouamina : De la Ligue 2 à la Ligue des champions avec Pafos
Mons Bassouamina : De la Ligue 2 à la Ligue des champions avec Pafos
Passé du barrage Ligue 2 - National à la Ligue des champions en moins de quatre mois, Mons Bassouamina, ancien joueur du Clermont Foot, se prépare à disputer son premier match de Ligue des champions avec son nouveau club chypriote, Pafos, qui sera une grande curiosité de cette saison 2025-26. Pafos affrontera Monaco en novembre.
Vous allez disputer votre premier match de Ligue des champions face à l'Olympiakos cette semaine. Quelle est votre réaction ?
Mons Bassouamina : C'est totalement incroyable ! C'est un pur bonheur. C'est un rêve d'enfance qui se réalise. C'est extraordinaire.
Aviez-vous imaginé cela lorsque vous avez signé cet été ?
M.B. : Non, pas du tout... J'ai connu une saison compliquée avec Clermont (31 matchs, 5 buts, 4 passes décisives). Nous avons dû passer par les barrages pour éviter la descente (contre Boulogne-sur-Mer)... Et maintenant, nous sommes qualifiés pour la Ligue des champions ! C'est indescriptible.
Comment s'est effectué votre transfert à Chypre ?
M.B. : Le choix a été assez simple, j'y ai trouvé tous les aspects que je recherchais. Un point important était l'Europe. Je me suis dit, pourquoi pas ?
Vous aviez trois tours de qualification pour espérer atteindre la phase de groupes.
M.B. : Le premier tour était contre Tel-Aviv, à domicile. Pour mon premier match, j'ai marqué un superbe ciseau ! Nous avons fait match nul (1-1 ; qualification 1-0 au retour).
Les supporters étaient ravis. En tant que nouvelle recrue, marquer de cette manière a dû leur faire plaisir. Cependant, j'ai été éloigné des terrains pendant deux semaines à cause d'une blessure, et je suis revenu pour le dernier tour de qualification à Belgrade (qualification contre le Dynamo Kiev entre-temps, 1-0 ; 2-0).
Vous avez gagné 2-1 à l'aller en Serbie. Au retour, Belgrade mène 1-0. À la 89e minute, votre coéquipier brésilien Jaja inscrit un but spectaculaire.
M.B. : Wow, c'était incroyable ! Il n'y a même pas de mots pour décrire cela. Le but était magnifique. Nous avions travaillé cette combinaison. J'ai vu que mon coéquipier tenait sa chaussette, et j'ai compris que c'était le signal. Je me suis préparé à l'exécuter, mais personne ne semblait avoir compris. Finalement, Jaja avait saisi le message. Je suis donc retourné dans la surface, j'ai vu le gardien battu, et le ballon a filé dans les filets... Nous savions alors que nous étions qualifiés, il fallait juste tenir bon et ne pas céder.
Quels sentiments vous traversent à ce moment-là alors qu'il reste quelques minutes à jouer ?
M.B. : Sur le moment, on ne réalise pas vraiment. Honnêtement, tout ce qui s'est passé cet été, je ne l'ai pas complètement compris. Ce sont surtout les gens autour de moi qui m'ont fait réaliser que nous étions en train de réaliser quelque chose de grand. Maintenant, je sais que c'est sérieux. On m'en parle tellement... Pafos est un club créé il y a seulement dix ans...
Comment avez-vous vécu le tirage au sort ?
M.B. : Nous avons été ravis ! Nous allons affronter de grandes équipes. Le Bayern, la Juve, Chelsea... Des clubs que tout le monde connaît. Nous rencontrons Monaco, mais je pensais que nous allions jouer en France. Malheureusement, nous jouons ici, mais ce n'est pas un problème non plus.
Présentez-nous ce jeune club, fondé en 2014, qui est un peu un ovni en Ligue des champions cette saison.
M.B. : C'est un club familial à Pafos, une petite ville. Au niveau de la gestion, c'est plus que correct. Le club est détenu par des Russes, avec un directeur sportif italien, Cristiano Giaretta, qui a travaillé à Watford. Le scouting est dirigé par un Brésilien, ce qui explique la forte présence brésilienne dans l'équipe (5 joueurs). Nous sommes également cosmopolites, avec de nombreuses nationalités différentes (14). Les installations sont de qualité. Il n'y a rien à redire ! Nous sommes un peu l'équipe à battre dans le championnat chypriote (Pafos a été couronné champion pour la première fois de son histoire en 2024-25).
Parlez-nous de la méthode de votre entraîneur, Juan Carlos Carcedo, un nom qui peut parler à certains suiveurs du PSG.
M.B. : Il était l'adjoint d'Unai Emery au PSG et à Arsenal, notamment. Il veut que l'on joue, un peu comme tous les Espagnols. Il demande aussi beaucoup d'intensité. Un point sur lequel il insiste beaucoup est le pressing. Nous devons toujours presser. Nous jouons en 4-2-3-1, avec différentes manières de l'animer.
Depuis début août, vous avez un coéquipier nommé David Luiz.
M.B. : C'est quelqu'un de très souriant, très humble. Un grand professionnel. Il n'a plus besoin de présentation. Son arrivée a également donné plus de visibilité au club.
Comment son arrivée a-t-elle été accueillie ?
M.B. : Lorsque nous avons appris la nouvelle, nous nous sommes dit : "Non ! Ce n'est pas possible, il ne va pas venir !" Nous n'y croyions pas. Jusqu'à ce qu'il arrive. Il est bien là ! Il a eu une carrière impressionnante, et malgré cela, il reste très accessible. Sa qualité technique est incroyable. Ses pieds... Ce ne sont pas des pieds ! Sa qualité de passe et de jeu long, que ce soit du pied droit ou du pied gauche, il n'y a pas de différence. Il nous apporte aussi beaucoup de conseils. C'est une très bonne personne. Il parle français, nous échangeons souvent. Il a partagé quelques anecdotes sur son expérience en Ligue des champions avec le PSG, où ils tombaient souvent sur le Barça de Messi et Neymar... C'était trop compliqué pour eux.
À noter également qu'en Ligue des champions, vous ne jouez pas dans votre propre stade.
M.B. : Non, nous jouons à Limassol, à 40 minutes de chez nous, dans un stade pouvant accueillir 10 000 personnes. Contrairement au nôtre, il est homologué pour l'Europe.
Quelle émotion imaginez-vous ressentir en entendant l'hymne de la Ligue des champions ?
M.B. : Nous avons pu l'entendre face à Belgrade. Je me suis dit : "Ça y est, c'est réel." Je pourrai dire à mes enfants plus tard : "Papa a entendu la musique de la Ligue des champions." Nous aurons tous des frissons. Cela sera très émouvant, je pense. Dans l'équipe, seulement deux ou trois d'entre nous ont déjà joué cette compétition, dont David Luiz qui l'a remportée (avec Chelsea, en 2012). Ce n'est pas tous les ans que l'on peut vivre cela, et surtout, tous les joueurs n'ont pas cette chance.