Lyon et ses défis en Ligue Europa
Confronté à un effectif limité, l'Olympique Lyonnais aura du mal à se faire une place en Ligue Europa cette saison, à moins de compromettre ses ambitions en Ligue 1. Le calendrier européen, relativement accessible, couplé à un excellent début de saison, nourrit une illusion qui peine à résister face à la réalité actuelle de l'OL et à ses ressources restreintes.
Cette fois, la Ligue Europa est bien là, après avoir failli échapper à Lyon. Grâce à un penalty d'Abdoulaye Touré, le club a décroché sa place au terme de la 34e journée. Auparavant, l'OL avait rencontré plusieurs obstacles, notamment un oubli dans l'envoi de son dossier à la FFF et la menace d'une disqualification par l'UEFA en cas de rétrogradation administrative par la DNCG. De plus, Crystal Palace, un autre club de la galaxie Textor, avait demandé à être réintégré au détriment de l'OL, mais le Tribunal Arbitral du Sport a tranché en faveur de Lyon. Jamais un club français n'avait rencontré autant d'obstacles pour participer à une Coupe d'Europe.
Maintenant que la compétition est là, quelles seront les intentions de l'OL ? Le début de saison presque parfait des Lyonnais pourrait ouvrir de nouvelles perspectives. Historiquement, l'Europe a toujours été favorable à Lyon, même lors de ses périodes difficiles en Ligue 1. Au cours des six dernières saisons, alors que le club peinait à se démarquer en France, il a tout de même participé à trois compétitions européennes, atteignant une demi-finale de Ligue des champions et deux quarts de finale de Ligue Europa.
Un plateau abordable, un calendrier ouvert
Il y a dix ans, Lyon n'avait pas été éliminé dès la phase de groupes, et les moments les plus mémorables de l'OL se sont souvent déroulés hors de ses frontières. L'an passé, un retournement de situation spectaculaire à Old Trafford a presque permis à l'équipe de vivre une épopée. En Europe, Lyon reste fidèle à lui-même. Cette saison, le tableau de la Ligue Europa semble favorable, avec peu de grandes équipes à affronter, à l'exception de l'AS Rome et du FC Porto.
Sans la présence de clubs comme Chelsea ou Manchester United, l'expérience européenne de l'OL pourrait lui permettre d'aller loin. Hormis un déplacement à Séville pour affronter le Bétis et la réception de Salzbourg, cette phase de groupes semble être une mise en jambes tranquille.
Cependant, la profondeur limitée de l'effectif obligera Paulo Fonseca à faire des choix difficiles. Si le coach décide de privilégier la Ligue 1 au détriment de la Ligue Europa, il ne sera pas blâmé, même par les supporters les plus exigeants. Le bon départ de la saison ne masque pas une réalité : l'OL est sur un fil. La moindre blessure ou suspension pourrait perturber l'équilibre de l'équipe. Le club n'est pas suffisamment armé, tant en quantité qu'en qualité, pour affronter la compétition européenne de front.
L'Europe, une menace
En attaque, avec Martin Satriano comme seul avant-centre, face à des joueurs comme Alexandre Lacazette et Georges Mikautadze, il semble difficile d'espérer briller sur deux tableaux. Bien que l'équipe de départ soit cohérente, à l'exception du poste d'avant-centre, les remplaçants manquent d'expérience et de niveau pour maintenir les ambitions du club. De plus, l'OL souffre d'un manque de doublures en défense, n'ayant qu'un seul arrière droit disponible. Maitland-Niles pourrait avoir du mal à enchaîner les matchs du week-end et en milieu de semaine. Le club a même dû faire revenir Rachid Ghezzal, âgé de 33 ans et sans club après une saison en Turquie, pour renforcer le poste d'ailier droit.
La cure d'amaigrissement imposée cet été pourrait avoir des conséquences importantes sur la Coupe d'Europe. En Ligue 1, tant que l'OL évite les blessures, l'équipe peut viser le haut du classement. Cependant, face au manque de profondeur, la Ligue Europa pourrait constituer une véritable menace. Reste à voir comment Paulo Fonseca abordera cette compétition, surtout qu'il devra se passer de son meilleur joueur, Corentin Tolisso, suspendu pour le premier match contre Utrecht. Entre un calendrier favorable et une ADN européenne qui incite à tenter sa chance, l'OL sera inévitablement tiraillé.