Manu Koné : un avenir prometteur avec les Bleus

Manu Koné : un avenir prometteur avec les Bleus

Manu Koné : un avenir prometteur avec les Bleus

Lors des récents matchs de l'équipe de France contre l'Ukraine (2-0) et l'Islande (2-1), Manu Koné a su se démarquer au milieu de terrain. Patrice Garande, ancien entraîneur de Koné au Toulouse Football Club en Ligue 2 lors de la saison 2020-2021, partage ses réflexions sur le joueur de l'AS Roma, qu'il considère comme un atout durable pour les Bleus.

Patrice Garande, avez-vous été surpris par les performances de Manu Koné avec les Bleus ?

Patrice Garande : Pas du tout. Manu est à son niveau. Pour moi, ce n'est pas une surprise. À mon arrivée à Toulouse, il faisait partie de la génération des Pitchounes qui avait atteint la finale de la Coupe Gambardella, et il était frustré par la saison difficile que Toulouse avait connue en Ligue 1. Ces jeunes avaient le sentiment de ne pas avoir eu assez de temps de jeu. Avec moi, Manu était un titulaire indiscutable, possédant déjà des qualités bien au-dessus de la moyenne. Il a tout : physique, technique et la capacité de casser les lignes balle au pied. À l'époque, il avait encore besoin d'apprendre à être plus efficace sur le terrain.

Avez-vous déjà observé chez Toulouse ce qu'il a montré lors des deux derniers matchs de l'équipe de France ?

P.G. : Oui, il a conservé ses caractéristiques. La différence, c'est qu'à l'époque, il jouait pour le plaisir. Aujourd'hui, il a mûri, tant sur le plan personnel que dans son jeu, devenant plus efficace. Son transfert à Mönchengladbach a été un excellent choix, et il continue de progresser en équipe de France. C'est un joueur de niveau international, et il a tout pour s'imposer en Bleu.

Sur quel aspect de son jeu vous a-t-il impressionné ?

P.G. : En le regardant, je me remémore notre époque ensemble. Il est désormais plus efficace et prend davantage de responsabilités sur le terrain. À l'époque, il était très lié à Amine Adli, et ils s'amusaient à réaliser des gestes techniques pour le plaisir. Défensivement, Manu pouvait récupérer un ballon avant d'essayer un dribble juste pour la beauté du geste. Aujourd'hui, il a épuré son jeu et semble prendre plus de plaisir à gagner des matchs en étant un acteur clé des victoires de son équipe.

"Aujourd'hui, ça va être dur de lui prendre sa place."

Pensez-vous qu'il est sous-estimé par les observateurs en France ?

P.G. : En France, il n'a pas un passé très imposant. Il a joué la finale de la Coupe Gambardella avec Toulouse et une saison en Ligue 2, mais cela s'est déroulé pendant la COVID, sans public. Nous avons raté la montée aux barrages. Ensuite, il part en Bundesliga, un championnat moins suivi en France. À son arrivée en équipe de France, certains journalistes étaient sceptiques, mais il a rapidement été titularisé. Aujourd'hui, il est difficile de lui contester sa place.

L'imaginez-vous comme le partenaire idéal d'Aurélien Tchouaméni au milieu de terrain des Bleus ?

P.G. : Oui, il peut jouer à plusieurs postes et se montrer complémentaire avec de nombreux joueurs. Cela dépendra des choix de Didier Deschamps. S'il intègre un jeune joueur comme lui dans le milieu, cela signifie qu'il a des garanties. En plus de ses qualités techniques et offensives, Manu sait être agressif et impliqué dans la récupération du ballon. S'il évite les blessures, je pense qu'il a un bel avenir devant lui.

Peut-il être polyvalent au milieu de terrain ?

P.G. : Dans un milieu à trois ou en losange, il peut jouer à gauche, à droite ou devant la défense. En revanche, il n'est pas fait pour évoluer derrière l'attaquant, car il a besoin du jeu face à lui. Sur un côté, il peut le faire, mais pas sur toute la durée d'un match.

Avez-vous compris dès votre arrivée à Toulouse que Manu Koné était un joueur à part ?

P.G. : Oui, j'ai tout de suite vu qu'il avait un bel avenir. Manu est un bosseur, même s'il était techniquement au-dessus, et c'est une personne attachante. C'était un plaisir de l'avoir dans l'équipe. À cette époque, lui, Amine Adli et Bafodé Diakité avaient besoin de reconnaissance, car ils avaient eu l'impression d'être des sparring-partners la saison précédente.

Quels souvenirs gardez-vous de lui dans le vestiaire toulousain ?

P.G. : C'était un jeune jovial, qui aimait rigoler et mettre de l'ambiance. Bien que les joueurs étaient sérieux sur le terrain, l'atmosphère dans le vestiaire était loin d'être triste.

Comment se déroulaient vos échanges individuels ?

P.G. : C'est un garçon respectueux, tant envers son entraîneur qu'envers l'institution. Dans nos discussions, il était à l'écoute et s'efforçait d'appliquer les conseils sur le terrain. Il a beaucoup progressé durant la saison 2020-2021.

Quelle est la dernière image que vous avez de lui à Toulouse ?

P.G. : Ce n'est pas une image joyeuse. C'était à Nantes, lorsque nous n'avons pas réussi à monter. Il était assis dans l'herbe, abattu. Le regard de ces jeunes à ce moment-là m'a marqué. Ils avaient tout donné et méritaient la montée. Ils avaient un véritable amour pour le TFC.

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