Souvenirs de Stéphane Roche sur Samuel Umtiti
Souvenirs de Stéphane Roche sur Samuel Umtiti
Au lendemain de l'annonce de la fin de carrière de Samuel Umtiti, Stéphane Roche, qui l'a entraîné avec la réserve de l'Olympique Lyonnais au début des années 2010, partage ses souvenirs du champion du monde 2018 dans une interview accordée à Eurosport. L'actuel directeur du centre de formation de Dijon évoque notamment le caractère très joueur de l'ex-défenseur lyonnais.
Stéphane Roche, vous avez entraîné Samuel Umtiti en équipe réserve au début des années 2010. Quels souvenirs gardez-vous de lui ?
Stéphane Roche : Samuel appartient à la génération 1993. À cette époque, il oscillait entre la réserve et le groupe professionnel de Claude Puel, participant à quelques entraînements avec les pros. On sentait déjà qu'il était destiné à passer au niveau supérieur, mais il devait attendre pour atteindre ce dernier 'step'. En octobre-novembre 2011, il a été définitivement intégré dans le groupe professionnel.
Pensiez-vous que Samuel Umtiti ferait un tel parcours ?
S.R. : Concernant sa carrière à Lyon, oui. Il était dynamique sur le terrain, exigeant envers lui-même, et se comportait déjà comme un bon capitaine. Cependant, il commettait parfois de petites erreurs techniques ou tactiques, mais jamais par manque d'effort. Il avait besoin de peaufiner certains aspects de son jeu pour devenir un joueur encore plus fiable, et il a rapidement réussi à le faire.
L'auriez-vous vu un jour devenir titulaire au Barça et lors de la finale de la Coupe du monde ?
S.R. : Dès lors que vous possédez du talent et que vous travaillez dur, vous pouvez atteindre des sommets. Bien qu'il ne dominait pas comme certains jeunes joueurs précoces, il était évident qu'il était destiné à prendre la relève de Cris à Lyon. Il avait la capacité d'apporter de la concurrence aux grands joueurs. Sa carrière au FC Barcelone et en équipe de France est le fruit de son travail à Lyon, de son talent et de son respect pour le maillot. Avec tout cela, il pouvait aller loin, et en termes de leadership, il était fiable.
Qu'appréciez-vous dans son jeu ?
S.R. : J'appréciais sa capacité à être joueur, très joueur même, pour un défenseur. Il avait un goût prononcé pour le risque, tant en défense qu'en attaque, et il détestait voir son équipe encaisser des buts.
Son goût pour le risque offensif se manifeste également dans son but exceptionnel à Tottenham (en C3 en 2013)...
S.R. : Cela illustre parfaitement Samuel, car il était si joueur qu'il pouvait agir de manière spontanée.
Quels souvenirs gardez-vous de lui sur le plan humain ?
S.R. : Je retiens son goût du travail et de l'effort. Il était parfois un peu susceptible, mais il ne cherchait jamais à rejeter la faute sur les autres. À la fin de sa carrière, il s'est battu pour aller au-delà des limites de son corps, car il aimait vraiment le jeu. C'est ce qu'il a transmis aux équipes avec lesquelles il a joué. Il était un jeune qui prenait la place d'un joueur expérimenté.
Que retenez-vous de vos échanges avec lui ?
S.R. : En tant que joueur, il pouvait être très enfantin et taquin, mais aussi très mature et discipliné. Bien qu'il puisse montrer sa frustration ou son désaccord, cela ne durait jamais longtemps et ne prenait jamais de grandes proportions. Aujourd'hui, dans mon parcours de formateur, je m'en sers comme référence. Samuel fait partie des joueurs que j'ai eu la chance de rencontrer, d'entraîner et de faire jouer. Il avait du talent, mais il le mettait au service du groupe et de l'équipe, réussissant une grande carrière sans se prendre pour quelqu'un d'autre.