Valère Germain partage son expérience au Japon avec Hiroshima

Valère Germain partage son expérience au Japon avec Hiroshima

Valère Germain partage son expérience au Japon avec Hiroshima

Après un an et demi passé en Australie, Valère Germain a décidé de relever un nouveau défi en rejoignant le club de Hiroshima. Dans une interview accordée à Eurosport, l'attaquant de 35 ans évoque son quotidien en tant que joueur professionnel au Japon, tout en réfléchissant à sa carrière qui pourrait se terminer en 2026. Son parcours l'a conduit de Monaco à l'OM, où il a disputé une demi-finale de Ligue des champions et une finale de Ligue Europa.

Valère Germain, vous évoluez à Hiroshima (6e de J-League) depuis le début de l'année 2025. Comment se déroule votre aventure sportive au Japon ?

Valère Germain : Très bien. C'est totalement différent de ce que j'ai connu auparavant. Il y a trois ou quatre ans, je n'aurais jamais imaginé jouer au football au Japon. Cependant, mon expérience en Australie m'a rapproché du continent asiatique et j'ai eu l'opportunité de venir jouer à Hiroshima. C'est une belle expérience. Le championnat japonais possède un niveau de qualité élevé. En Australie, le niveau était agréable mais inférieur à celui de la Ligue 1. En comparaison, le championnat japonais est équivalent à la seconde moitié du classement de la Ligue 1. De plus, jouer devant 25 000 ou 30 000 spectateurs à chaque match est très plaisant.

Aviez-vous un intérêt pour le football asiatique lorsque vous évoluiez en France ?

V.G. : Non, pas du tout. Lorsque j'ai décidé de partir en Australie, c'était pour le football, mais aussi pour des raisons familiales et découvrir autre chose. En Australie, nous avions une belle qualité de vie et je m'entendais très bien avec mes coéquipiers et les dirigeants du club. C'était une superbe expérience que je ne regrette pas. Cependant, il est vrai que le niveau n'était pas comparable à celui de la France. Quand le Japon, qui est l'un des meilleurs championnats asiatiques avec l'Arabie Saoudite, m'a contacté, j'ai pris ma décision assez rapidement.

Comment vous sentez-vous sur le terrain ?

V.G. : Je me sens très bien car le niveau est très bon. Continuer à jouer à ce niveau à 35 ans est satisfaisant. Revivre des émotions et l'engouement des stades est exceptionnel. Toutefois, le plus difficile au quotidien est la barrière de la langue, car cela complique le partage et la connaissance de mes coéquipiers. J'ai appris quelques mots de base en japonais, mais pas assez pour une communication fluide. Je suis conscient que je ne suis ici que pour quelques mois. Si j'avais eu un contrat de trois ou quatre ans, j'aurais envisagé de prendre des cours de langue, mais ce n'est pas le cas.

Outre l'aspect sportif, l'aventure humaine doit également être passionnante...

V.G. : C'est un grand changement. Bien que l'Australie soit très éloignée, la culture y est plus proche de celle des Européens. En parlant anglais, on s'en sortait bien et la nourriture était familière. En revanche, au Japon, les Japonais parlent très peu anglais. Chaque joueur étranger a un traducteur dans le club. La culture, la langue et la nourriture sont totalement différentes. Vivre cela pendant un an est une belle expérience humaine pour ma famille et moi. Cependant, je ne me vois pas m'installer ici. J'ai rencontré des Français qui vivent ici depuis une dizaine d'années et qui s'épanouissent, mais la France et le mode de vie français me manquent un peu.

Quel est le style de jeu dans le championnat japonais ?

V.G. : En termes de qualité technique, c'est vraiment très élevé. J'ai rarement joué avec des défenseurs centraux et des arrières latéraux possédant une telle qualité technique, que ce soit sur les centres ou les passes transversales. Le jeu est intense et les joueurs respectent généralement les consignes de l'entraîneur. Beaucoup d'équipes jouent avec cinq défenseurs et un marquage individuel. Il peut manquer un peu de folie et de créativité, mais honnêtement, c'est un championnat que les clubs français devraient davantage observer. Chaque week-end, je vois de très bons joueurs qui pourraient largement jouer en Ligue 1.

Franck Durix, qui a évolué à Nagoya au milieu des années 90, disait que les joueurs étaient de "gros, gros bosseurs à l'entraînement". Avez-vous la même sensation ?

V.G. : Oui, absolument. Les joueurs arrivent toujours une heure avant l'entraînement. Ils sont tous en salle de sport ou chez les kinés. Peu de joueurs traînent dans le vestiaire avant l'entraînement, sauf quelques étrangers (rires). Après l'entraînement, ils consacrent généralement une demi-heure à des exercices de centres et de finition, et continuent souvent à faire des soins. Ils sont très travailleurs. Je pense que le respect du travail fait partie de leur culture. Ils cherchent toujours à en faire davantage, ce qui rend l'environnement très agréable.

Quel est l'engouement dans les stades ?

V.G. : C'est impressionnant. Ce ne sont pas des Ultras comme en France ou en Europe, donc cela peut sembler moins bruyant par rapport à ce que j'ai connu à Marseille, par exemple. Cependant, ils chantent de la première à la dernière minute et font quand même beaucoup de bruit. Les chants sont très ordonnés et coordonnés, et ils agitent leurs écharpes tous ensemble. Nous jouons en violet et la majorité des spectateurs sont vêtus de la même couleur. Les stades sont magnifiques, car si nous jouons contre une équipe en jaune, tout le parcage adverse est en jaune. Ce qui est agréable, c'est que les supporters sont très respectueux les uns envers les autres. En France, les fans adverses sont souvent escortés et doivent rester dans le stade après les matches pour éviter les affrontements, alors qu'ici, ils se mélangent sur le parvis du stade et sortent ensemble. Souvent, lorsque nous faisons un tour d'honneur à la fin des matches pour remercier nos supporters, nous passons devant la tribune adverse et nous nous applaudissons mutuellement. C'est impressionnant et exceptionnel à voir, surtout pour quelqu'un qui vient d'Europe.

Est-ce que les supporters d'Hiroshima viennent vous voir quand vous vous baladez en ville ?

V.G. : Même lorsque nous perdons, il n'y a pas de sifflets dans le stade, ce qui est très rare. Dans la vie quotidienne, les interactions sont également très respectueuses, même s'ils ont l'impression de rencontrer un extraterrestre (rires). Ils sont souvent gênés, un peu timides et ne veulent pas déranger. Ils viennent saluer ou encourager pour les prochaines échéances, ou demander des photos. Ce sont souvent des hommes ou des familles qui viennent, car il y a beaucoup de familles dans le public.

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